Un cap a été franchi ce jour en France. 

Un cap que je pensais pas voir de mon vivant. J’attendais plutôt l’abolition des règles des accords des participes passés mais certainement pas de la satire politique. 

Mais d’ailleurs c’est quoi la satire politique ? La satire politique c’est la satire tout court. Parler de satire politique c’est faire un pléonasme. 

Aujourd’hui en France un député a publiquement expliqué que l’humour ne pouvait pas être utilisé à des fins militants ou politique. Donc rejeter la satire politique comme s’il s’agissait d’une ingérence étrangère.

De quoi parle-t-on au juste ? Il y a de la satire politique en France ? Oui enfin faut juste voir la gueule qu’elle a après dix années de destruction méthodique politique, financière et terroristes.

On a vu la fin des Guignols, l’assassinat de Charlie Hebdo, la fin du Zapping, la fin des émissions humoristiques de France Inter, la fermeture de sine hebdo. La liste est longue mais on sent un chose : il y a un problème avec la satire politique en France. 

La satire politique elle fait réfléchir et ça, ça emmerde. Parce que ça serait un comble que les électeurs se mettent à réfléchir.

La satire politique c’est ce coup de poing qui part de bas en haut et qui va attaquer le pouvoir. Un pouvoir politique, militaire, financier, religieux. Tous les pouvoirs. Et aujourd’hui le pouvoir nous dit qu’il n’aime pas la satire politique et que cela lui déplaît et qu’elle voudrait qu’elle disparaisse.

Aujourd’hui on vient nous dire que faire de l’humour sur les politiques c’est mal, c’est militant et c’est de la propagande ? 

Mais demain comment faire pour critiquer un gouvernement sous forme d’humour ? 

Comment s’exprimer ? Comment pointer du doigt un système qui ne fonctionne pas sans risquer de finir en prison ? 

L’humour permet de passer des messages complexes et la satire politique c’est un miroir déformé du monde d’aujourd’hui. 

Depuis 2017 et l’émergence des extrêmes (extrême centraux aussi, les pires) on accuse le gorafi d’être devenu « politique »…

Mais le gorafi n’est pas devenu politique hier matin comme Chaplin n’est pas devenu politique avec le Dictateur ! 

Doit on dès lors rejeter Pierre Dac qui avec sa satire politique a aidé les Français entre 1938 et 1940 dans les prémices de la guerre puis à Londres au micro de radio Londres en moquant avec humour la propagande de Vichy, de Henriot et de Pétain ? 

Ah vous préférez un humour neutre ?

Vous devriez écouter les émissions humoristiques de Radio-Paris de 1940 1944 vous verrez un bon étalage de l’humour politique neutre et de satire politique. Vous verrez, c’est très drôle, borderline antiparlementariste, légèrement d’extrême droite et un peu antisemite mais c’est très drôle. Et ça se voulait neutre. Il reste aussi les sketchs de Boulevard Voltaire aussi.

Ou vous plonger dans la galaxie des comptes trolls d’humour d’extrême droite maga, raciste et xénophobe dont X a fait exploser la visibilité : ici la satire politique se fait au dépend des minorités et de ceux qui ne peuvent pas se défendre. 

Ou juste faire de l’humour sur les quiches. C’est mignon les quiches. On ne soupçonne pas le réservoir de vannes potentielles sur les quiches. Et puis c’est neutre les quiches ça ne froissera personne. C’est apolitique. C’est ce style d’humour qui vous plait ?

Il est temps d’arrêter les conneries et si j’ai un message à adresser au président Macron,  il est temps d’envoyer un message pour la satire politique, de lui rendre hommage et de faire entrer Pierre Dac et les humoristes de la France Libre au Panthéon, poil aux rognons.

citation du mois

« C’est exactement ce que je voulais faire »

~ L’auteur, après avoir fait l’exact contraire de ce qu’il voulait faire